Le monde du Tipp-Kick selon Max Daub. Interview d'un des tout meilleurs joueurs allemands.

Max Daub qui est actuellement classé n°4 en Allemagne a eu une influence considérable sur la mise en place des tournois mensuels que j'organise à Laon depuis maintenant plusieurs mois. C'est lui qui a répondu à mon premier courriel lorsque j'ai contacté le TKC 71 Hirschlanden, l'un des plus grands clubs de Tipp-kick en Allemagne. C'est avec lui que j'ai eu ma première discussion à propos de ce jeu. Il est gentiment revenu vers moi et a accepté de répondre à mes questions. 



         Comment as-tu commencé à jouer au Tipp-Kick ? 

J’ai grandi à Hirschlanden, petite ville à proximité de Stuttgart, et le Tipp-Kick y est très populaire. J’avais un ami qui jouait déjà au sein du TKC 71 Hirschlanden, un des plus gros clubs d’Allemagne, j’ai fini par m’y inscrire pour le rejoindre et je n’en suis jamais parti. 


Pourrais-tu nous expliquer ta façon de t'entraîner et comment elle a évolué au fil du temps ? 

Au départ je m’entrainais surtout à multiplier les situations de jeu, faire des matchs et développer une mémoire procédurale. Une fois les techniques de base bien maîtrisées, j’ai beaucoup travaillé mes tirs pour qu’ils atteignent le but pratiquement à chaque fois. Aujourd’hui mon entraînement consiste principalement à répéter des coups spéciaux et améliorer mes points faibles.  


Pourrais-tu nous en dire plus sur les différentes façons de tirer et comment tu choisis ton tir en fonction de la situation ? 

Plus on acquiert d’expérience au Tipp-Kick et plus on a une idée claire et précise du tir que l’on doit effectuer dans chaque situation. Quand je vois la balle sur le terrain, je sais instinctivement de quelle manière je dois la prendre. C’est quelque chose qui se développe avec le temps. Mon entraîneur m’a dit un jour qu’il fallait toujours écouter son intuition car la première impression est la bonne.


Quels conseils donnerais-tu aux débutants qui souhaiteraient progresser jusqu’à pouvoir devenir compétitifs en tournoi ? 

Je dirais qu’au plus haut niveau c’est la défense qui est primordiale au Tipp-Kick. Avoir de bons réflexes et bien bouger son gardien est plus important que de tirer à tout va. C’est pourquoi il est essentiel de se trouver un sparring-partner et de pouvoir jouer régulièrement. A deux, on peut ainsi améliorer ses réflexes et surtout sa défense. Enfin il est tout de même important de pouvoir viser le plus juste possible pour rester dangereux même quand le gardien adverse est en forme. 



                              

        Comment le jeu et la communauté ont évolué depuis tes débuts avec Hirschlanden         ? 

Je crois que c’est vraiment devenu plus compétitif depuis quelques années, surtout qu’il y a de jeunes joueurs très talentueux qui participent aux ligues et aux tournois. Cependant il y a quelques problèmes structurels, notamment trouver de jeunes joueurs. La grande question, c’est comment rendre le Tipp-Kick attractif à leurs yeux face à tous ces contenus digitaux ?  


Quel a été le match le plus éprouvant que tu as disputé et comment as-tu fait pour surmonter les difficultés rencontrées pendant la partie ? 

Le plus difficile a été d’affronter Michael Kaus lors des playoffs de la Bundesliga en 2014. Michael a été couronné trois fois champion en individuel donc c’est un gros client. Avec Hirschlanden nous avions passé les demi-finales et nous étions face à Francfort pour le titre. Nous n’avions besoin que d’un point pour réaliser un gros coup. C'était le dernier match et j’ai réussi à tenir le point du nul pendant de longues minutes pour remporter le championnat, mais la tension et la fatigue mentale étaient énormes ! Heureusement que mes entraîneurs et mes coéquipiers étaient à proximité pour me soutenir et me donner des conseils, cela m’a bien aidé. 


Pourrais-tu partager un moment mémorable ou amusant que tu as vécu grâce au Tipp-Kick ? 

Oh, il y en a plein ! Je dirais quand même le championnat d’Allemagne en individuel de 2018 à Berlin. On voulait prendre l’avion pour arriver dès le vendredi soir mais les vols ont été annulés au dernier moment. On ne s'est pas laissé démonter et à 9h du matin on a décidé de prendre la voiture et de faire les 6h de route jusqu'à la capitale pour participer à la compétition. Je suis arrivé jusqu’en finale où j'ai perdu face à Michael Kaus (encore lui !) lui donnant au passage son deuxième titre d’Allemagne… J’ai encore mal quand j’y repense !


Comment arrives-tu à jongler entre le Tipp-Kick et ta vie privée ? 

Au club, les entraînements sont organisés deux fois par semaine et puis je m'entraîne un peu en solo à la maison. Pour les tournois, je ne participe qu’aux plus importants, ceux du grand chelem, en planifiant ma participation longtemps à l’avance. 


Qu’est-ce qui fait la différence entre les meilleurs joueurs de Tipp-Kick et les autres ? Quelles sont les qualités requises pour réussir ? 

Il faut de la patience, un bon entraîneur et beaucoup de pratique, mais comme je l’ai dit plus haut, la défense est primordiale. Tirer et marquer des buts c’est sympa mais c’est la défense qui change tout ! C’est la maîtrise du gardien qui fait gagner les matchs. Ce sont ceux qui ont réussi à maîtriser cet aspect du jeu qui ont le plus de succès. Je dirais qu'il faut un bon mental car affronter les meilleurs pendant des heures, cela nécessite de s’endurcir. 

 

Quels sont tes objectifs et qu’est-ce que tu espères réussir dans les années à venir ?  

Mon but ultime est de gagner tous les tournois du grand chelem et d'avoir du succès avec mon club. Il me manque encore trois titres mais je reste confiant. 



 


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