La vie en ballon de Jakob Weber : Entretien avec le N°2 du Tipp-Kick en Allemagne.

 Si l’on joue au Tipp-Kick dans l’Aisne de manière régulière, c’est bien grâce à l’un des hommes forts de ce jeu venu d’Allemagne. Jakob Weber, véritable passionné de ces petits joueurs d’étain a pris beaucoup de temps pour m’expliquer tous les arcanes du jeu. Jacob est l’actuel numéro 2 allemand, classé 39e dans le “Hall of Fame” de la discipline. Il revient dans cette interview sur son rapport au Tipp-Kick et certains des moments les plus marquants de sa carrière. 



Comment as-tu commencé à jouer au Tipp-Kick ?

C'est mon père qui m'a fait découvrir le Tipp-kick. Il est membre du club local, le PWR 78 Wasseralfingen, depuis de longues années, et sur son temps libre il fabrique du matériel pour les joueurs de haut niveau. On peut dire que je baigne dedans depuis tout petit. 


Comment te prépares-tu pour la compétition ? 

Habituellement, quand je me prépare pour une compétition, je fais quelques matchs d'entraînement avec mes frères ou les autres membres de mon club. Il arrive aussi que je me déplace jusqu'à Ditzingen pour m'entraîner avec les joueurs du TKC 71 Hirschlanden, un des clubs les plus actifs d'Allemagne. Je m'entraîne aussi à tirer et à me positionner en solo. Enfin j'essaie de me préparer mentalement. 


Peux-tu nous donner des conseils pour les nouveaux joueurs ? 

Mon meilleur conseil c'est de jouer, jouer et jouer ! La clé du succès, même pour les grands joueurs, c'est de jouer et de s'entraîner. En plus d'enchaîner les matchs, je recommande grandement de s'exercer à maîtriser parfaitement les principes de base du jeu. C'est très utile de savoir comment faire retomber le ballon sur sa couleur, cela évite de trop subir le jeu. Et maîtriser deux ou trois types de tirs peut vous mener loin. 


Comment restes-tu motivé et concentré durant un match? 

Faire abstraction de tout pendant les dix minutes que dure un match n'est pas si difficile. Je ne fais rien de spécial à ce niveau-là. Pour la concentration, cela aide de toujours garder le ballon en vue et de faire attention à sa respiration. 


Quel est ton plus beau souvenir lié au Tipp-Kick ?

Je dirais qu'il y a deux souvenirs qui me viennent tout de suite en tête. D'abord, mon premier grand chelem que j'ai fêté avec mon père et les membres du club. Puis jouer au Tipp-Kick dans le rond central du Commerzbank Arena avec des footballeurs de l'Eintracht Frankfurt. C'était super cool de jouer dans un si grand stade. 




Comment vois-tu l'avenir du Tipp-Kick ? 

Mon avis sur la question est mitigé. Je pense qu'il y a des problèmes structurels et pas uniquement au niveau du jeu en lui-même mais aussi dans l'organisation des clubs. Je pense qu'il y a aussi un problème avec les jeunes générations de joueurs. Mais je suis quand même confiant quant à l'avenir du Tipp-Kick. Le jeu a encore de longues et belles années devant lui. 


Pourrais-tu nous parler d'un match particulièrement difficile et comment tu as fait pour gagner ?

Le quart de finale contre Wolfgang Renninger, à Kaiserslautern en 2022, fut particulièrement éprouvant. J'ai perdu le premier match 6-3. Je devais donc absolument gagner le deuxième match pour emmener Wolfgang  en prolongation. Mais à la mi-temps il menait 4-1 ! L'affaire semblait pliée d'avance, mais je n'ai pas perdu mon sang froid. J'ai finalement pu retourner la situation et même marquer le but en or sur le premier tir de la prolongation. Après cette épreuve,  je suis allé jusqu'au bout en remportant le tournoi. Comment ai-je réussi ? Il faut toujours avoir en tête que le prochain tir peut tout changer. 


Comment gères-tu tes entraînements ?

Cela se passe sans trop de problème. Avec le PWR 78 Wasseralfingen, on s'entraîne une fois par mois, tandis qu'au TKC 71 Hirschlanden, ils s'entraînent deux fois par mois. J'essaie d'aller m'entraîner avec eux au moins une fois par mois. Donc j'arrive à jouer une fois toutes les deux semaines, et puis je continue de me perfectionner à la maison en famille. Je participe à environ huit ou dix tournois dans l'année, j'arrive à tout imbriquer. 



Peux-tu nous parler d’un succès dont tu es particulièrement fier? 

Avant le grand tournoi d'Allemagne de 2017, j'avais fait une pause. Je ne participais plus aux tournois. Du coup quand j'ai fini par m'inscrire, je n'étais même plus classé. Pourtant j'ai réussi à aller jusqu'en finale et je n'ai perdu que d'un but. Je pense que c'était vraiment une belle performance. Avoir réussi à atteindre quatre finales et en gagner trois lors de mes cinq dernières tentatives est une belle preuve de réussite aussi selon moi. En fait, la chose dont je suis le plus fier, c'est de jouer au Tipp-Kick. 


Comment gères-tu la pression lors d’un tournoi ? 

Le Tipp-Kick est un sport qui nécessite d'avoir du mental, mais si l'on est bien préparé, c'est un challenge excitant. J'ai de la chance car j'arrive à ne pas trop ressentir de pression. 


Quel est le déclic qui permet de monter un palier? 

On devient un grand joueur au moment où notre talent et nos désirs s'alignent. 


Comment t'occupes-tu de ton matériel? 

Je suis vraiment très soigneux avec mon équipement, j'y tiens car il me vient de mon père. Je nettoie la visserie régulièrement, mais je viens de me rendre compte que je ne l'ai pas fait depuis un moment. 


En plus du Tipp-Kick, quelles sont tes occupations ? 

J'aime être actif. En plus du Tipp-Kick, j'aime faire du vélo et du rameur. J'aime aussi faire de la marche pour prendre l'air.


Quel est ton but ultime?

Mon but est de gagner le tournoi d'Allemagne qui est le plus important du circuit et le seul classé en catégorie A.







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